dimanche 18 novembre 2018

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Après les deux séances de son film Moi Nojoom, 10 ans, divorcée au Ciné-Club Biterrois, la réalisatrice Khadija Al-Salami a accepté de répondre à nos questions.

La première réalisatrice yéménite a attiré plus de 200 personnes le vendredi 15 décembre. Son film Moi Nojoom, 10 ans, divorcée a bouleversé le public et suscité de nombreuses questions auxquelles elle a répondu pendant le débat. Khadija Al-Salami a également accepté de nous accorder une entrevue lors de son séjour à Béziers.


JN : Pourriez-vous tout d’abord expliquer la situation du cinéma au Yémen ?

Khadija Al-Salami : Malheureusement, il n’y a pas une vraie industrie du cinéma au Yémen. Il y avait quelques salles dans les années 70, mais elles ont fini par fermer avec l’apparition de la télé et l’influence intégriste de l’Arabie Saoudite.

Mais s’il n’existe pas d’industrie du cinéma, comment avez-vous pu réaliser votre projet, étant donné que le film a été entièrement tourné au Yémen ?

Déjà, il n’y a aucun matériel disponible, il a donc fallu tout apporter de l’étranger : les caméras, les lumières etc. Et pareil pour l’équipe : aucun yéménite n’est formé aux métiers du cinéma. J’ai aussi fait venir des techniciens étrangers. Pour les acteurs, il existe quelques comédiens de théâtre yéménites mais avec un jeu très exagéré. J’ai donc formé moi-même des non-professionnels. C’est d’ailleurs ma nièce qui joue le rôle de Nojoom.

Quelles ont été les difficultés rencontrées pendant le tournage ?

La censure principalement. Les gens observent et se mêlent de tout. C’était une ambiance très difficile, je n’avais pas demandé d’autorisation du gouvernement car j’aborde un sujet très tabou. Nous disions tourner des choses pour la télévision lorsque les gens nous posaient des questions. Les acteurs n’avaient même pas lu le script en entier et ne connaissaient pas vraiment le sujet du film, pour éviter qu’ils en parlent et que ce soit entendu par les mauvaises personnes. De plus, lorsque nous tournions en extérieur, les habitants venaient voir ce qu’il se passait, les enfants se mettaient au milieu, ce qui nous empêchait un peu de bouger.. Voir ça, c’était un véritable événement pour eux !

Avez-vous rencontré des problèmes une fois le film terminé ?

Je n’étais plus au Yémen à ce moment là à cause du début de la guerre, donc je n’ai pas eu de problème. Mais le film a été piraté et diffusé sur internet, ce qui a été une bonne chose, car il a pu être visionné par beaucoup de monde. Certaines ONG notamment l’ont diffusé sans mon autorisation au Yémen, et ainsi sensibilisé les gens, ce qui était mon but en réalisant ce film. Globalement, j’ai eu de bons retours, mis à part quelques personnes qui ont été heurtées. Mais même si les gens sont contre, ça les force à réfléchir.

Est-ce que film a pu améliorer la situation de ces petites filles selon vous ?

Je pense que ce film a éveillé les consciences. Les images sont plus fortes que tout ce qu’on peut dire, et elles parlent à tout le monde. Au Yémen, beaucoup de gens sont analphabètes et surtout les femmes, mais les films peuvent arriver dans n’importe quelle maison et être compris de tous. On m’a rapporté qu’une jeune fille mariée de force a entendu parler du film, et a eu le courage de divorcer après l’avoir vu.

Et que pouvez-vous me dire sur votre position de première femme réalisatrice du Yémen?

Quand j’ai commencé à parler de sujets sensibles, tout le monde m’a averti que je risquais des réactions violentes. J’étais la première à aborder des sujets très tabous. Même ceux considérés comme des intellectuels au Yémen me disaient que les gens n’étaient pas encore prêts à changer. Alors qu’au contraire, c’est le peuple qui demande l’accès à la connaissance, qui a envie de progresser. Avoir été la première à franchir tous les obstacles pour réaliser un film a inspiré la nouvelle génération et surtout des jeunes filles qui ont eu envie de faire la même chose. Beaucoup d’entre elles me contactent pour avoir des conseils. C’est un moyen pour elles de s’exprimer. Pour moi ça a été une arme pour combattre ces traditions.



Propos rapportés par Julie Noupier

La réalisatrice yéménite Khadija Al-Salami est de passage au Ciné-club Biterrois pour présenter son film Moi Nojoom, 10 ans, divorcée ce 15 décembre.

Première femme réalisatrice du Yémen (pays où plus de 70% des femmes sont analphabètes), Khadija Al-Salami s’est battue contre son destin pour réaliser son rêve : devenir réalisatrice. Mariée de force à 11 ans, elle réussit à obtenir le divorce et décroche à 16 ans une bourse pour étudier aux États-Unis. Lauréate d’un master en production et direction de film de l’American University de Washington, elle est aujourd’hui la réalisatrice de nombreux films et documentaires traitant de femmes hors du commun, se battant pour leur émancipation dans les pays arabes.

Son film Moi Nojoom, 10 ans, divorcée s’inspire du livre autobiographique Moi Nojoud, 10 ans, divorcée écrit par Nojoud Ali et Delphine Minoui, paru aux éditions Michel Lafont en 2009. Mais il s’inspire aussi de sa propre vie et de la vie de tant d’autres jeunes filles du Yémen, se voulant ainsi dénonciateur des traitements infligées aux femmes et aux petites filles, les révélant au reste du monde pour mieux les combattre.

Ce film a obtenu le prix de la meilleure fiction au Festival International du Film de Dubaï en 2014 et a été acclamé par la critique internationale.

Le 15 décembre, Khadija Al-Salami sera présente à Béziers pour présenter son film au Ciné-Club Biterrois aux séances de 16h30 et 20h15. Elle animera le débat après chaque séance et répondra aux questions des spectateurs.

Un apéro sera offert par le Ciné-Club Biterrois entre les deux séances.

Séances ouvertes aux membres du Ciné-Club, adhésion sur place possible.

Moi Nojoom, 10 ans, divorcée

16h30 et 20h15, Monciné, Polygone Béziers

Julie Noupier

Pendant l'été, la Ville de Béziers nous donne une multitude d'occasions pour sortir et se cultiver. Petit florilège.

La nuit des Églises

Elle aura lieu à la Basilique Sainte-Aphrodise le vendredi 30 juin et présentera une exposition photo des objets cultes et des ornements liturgiques de la Basilique. Une messe est prévue à 18h30, suivie d'une petite collation et d'un concert des Petits Chanteurs de la Trinité à 20h00.

Amène ta chaise : Cinéma en plein air !

Du 4 juillet au 1er août, les mardis rimeront avec sortie ciné ! Des films pour enfants seront diffusés dans différents quartiers de la ville, en plein air. Entrée Gratuite.

Les Jeudis musicaux de Béziers

Du 29 juin au 31 août, tous les jeudis soir, des animations musicales sont proposées à Béziers :

  • Jeudi 29 juin – 19h : Kompas Allegres (Gipsy) – Allées Paul Riquet
  • Jeudi 6 juillet – 19h : Castanha é Vinovèl (Balèti occitan) – Allées Paul Riquet
  • Jeudi 13 juillet – 19h : Cécilia Cols (Chanson française) – Rives de l’Orb
  • Jeudi 20 juillet – 19h : Avé l’Accent (Chanson languedocienne) – Allées Paul Riquet
  • Jeudi 3 août – 19h : C’Dric (Chanson languedocienne) – Allées Paul Riquet
  • Jeudi 24 août – 19h : David Costa Coehlo Trio (Swing Jazz) – Allées Paul Riquet
  • Jeudi 31 août – 19h : Carnaby Street (Ukulélé) – Allées Paul Riquet

La Maison du Peuple de Puisserguier a accueilli l'avant-première du moyen-métrage "À corps perdu", retraçant l'histoire vraie d'une femme tondue et brutalisée pour son amour avec un officier allemand.

À la Libération, de nombreuses femmes accusées d'avoir entretenu des relations intimes avec des Allemands sont mises en cartes auprès de la gendarmerie et tondues afin d'éviter les maladies vénériennes, sort que l'on réservait habituellement aux prostituées. Bruno Modica, président de l'association d'historiens des Clionautes, commente ce passage de notre Histoire (voir vidéo ci-dessous).

C’est devant une assistance très attentive que Daniel Kupferstein, le réalisateur de ce film documentaire a présenté son œuvre qui sera accompagnée d’un ouvrage sur le même sujet apparaître prochainement.
La projection a eu lieu ce vendredi 24 mars, à la Cimade de Béziers, beaucoup d’organismes contactés ayant décliné cette proposition.  Depuis l’arrivée aux affaires de la nouvelle municipalité à Béziers en 2014, et à la suite du changement du nom de la rue du 19 mars 1962, date qui marque le processus de cessez-le-feu en Algérie, toute évocation de cette question apparaît comme particulièrement sensible.