mardi 20 novembre 2018

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Le groupe OC a l'immense plaisir de vous inviter au concert de lancement de son nouvel album Héritage, à la salle Zinga Zanga, ce 14 décembre.

Avec Héritage, Christian Salès et le groupe OC reviennent aux sources de la culture occitane sans artifice. Ici, l'électronique est au service des instruments acoustiques, les mélodies ajustées avec des textes faisant sens historique. Une quête d'authenticité au plus profond des racines de l'Occitanie et de sa culture.

Pour (re)découvrir ce groupe faisant vivre la culture occitane depuis 18 ans :

Concert gratuit le 14 décembre à 20h30, salle Zinga Zanga de Béziers

L’année 2017 sera marquée du sceau des catastrophes naturelles pour la viticulture mondiale, entre gel printanier en Europe, les bourgeons à peine éclos, et vignobles réduits en cendres, la récolte à peine rentrée, en Californie. Année historique, s’il en est, 2017 enregistre en France la production de vin la plus faible depuis 1945, avec moins de 37 millions d’hectolitres estimés. Sans que nous en mesurions bien encore toutes les conséquences économiques et humaines, le constat remet au centre des préoccupations trois questions cruciales en Occitanie. Le manque d’eau, les moyens pour résister aux maladies de la vigne, les changements climatiques s’invitent au cœur de l’actualité.Ces questions débouchent sur une réflexion plus large et des attentes sociétales : quelle viticulture pour demain, conventionnelle ou biologique, quel modèle de production, industriel ou familial, pour satisfaire les consommateurs en termes de qualité, de diversité des vins, de sécurité alimentaire ? Les effets visibles des modifications du climat - vendanges plus précoces, hausse du degré d’alcool du vin[1], baisse de rendement, salinisation des vignes, comme à l’embouchure de l’Orb et dans la basse vallée de l’Aude, aléas climatiques d’ampleur en 2016 et 2017- tout comme les interrogations sur la sécheresse et l’irrigation, l’usage ou non de pesticides, l’incertitude pesant sur l’interdiction du glyphosate en Europe[2], fournissent autant d’exemples d’une nécessaire nouvelle donne environnementale. Modifier les pratiques culturales des vignerons, polluer moins, faire plus attention aux ressources en eau, à la biodiversité nécessaire, à la santé du producteur comme celle du consommateur, l’enjeu est de taille : la vigne occupe 3,7% de la surface agricole utile, mais consomme 20 % des pesticides agricoles en France. Ainsi, les AOC Languedoc engagent-ils, en octobre 2017, une démarche durable d’ampleur qui s’inscrive d’ici trois ans dans le cahier des charges de leurs 38 appellations, sur 43 000 ha.
Concerné au premier chef par ces questions, l’encépagement nourrit articles et débats. Dans un Languedoc pionnier en bien des expériences au cours de l’histoire, jusqu’au passage précurseur en agriculture biologique, rejoint par le Gers et le Tarn, les réponses fusent dans tous les sens en vue de sauvegarder les productions viticoles.


Privilégier les cépages tardifs, à l’instar des piquepoul, clairette, mourvèdre, manseng, cabernet-franc et autres tannat? L’idée tombe sous le sens, car ils souffrent moins des étés chauds et secs, bénéficient des pluies de septembre. Mais pour combien de temps ?


Changer de cépages ? L’Institut Français de la Vigne et du  Vin (IFV), qui conserve le matériel génétique de nos cépages, pratique la sélection clonale et crée de nouvelles variétés, et l’ Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) travaillent en ce sens. Les AOC Languedoc étudient avec eux l’implantation de cépages italiens et grecs, plus résistants à la chaleur. Ainsi, l’assyrtiko « supporte des températures élevées, des pluies faibles, tout en gardant une fraicheur remarquable » explique Laurent Audeguin, chargé de coordination R&D à l’IFV. Ils réfléchissent aussi à des porte-greffes de meilleure tolérance au stress hydrique.
Hybrider des cépages en vue de les améliorer? La pratique a toujours eu cours. Marselan et  caladoc, Chasan et arinarnoa, métis conçus à Montpellier, en sont issus.


Créer de nouvelles variétés, plus résistantes à la sécheresse comme aux maladies ? Les chercheurs croisent nos cépages, des Vitis vinifera, avec d’autres espèces, américaines ou asiatiques, voire des vignes sauvages, qui contiennent des gènes résistants. L’objectif vise à maintenir les rendements face aux modifications du climat, et à diminuer l’usage de pesticides, utilisés à 80 % contre deux maladies, l’oïdium et le mildiou. La tâche occupe les scientifiques, qui en sont à la 5e génération de croisements. Ils envisagent d’élaborer une trentaine de variétés résistantes commercialisables d’ici dix ans. La création d’hybrides s’avère pleine de promesses mais entourée  d’incertitudes, sur la durabilité des résistances de la vigne aux maladies, leur goût, ainsi que de controverses sur la légitimité de leurs brevets. Mais le mouvement est lancé. Trois variétés ont été inscrites au catalogue français, à titre temporaire, en juin 2017. Une soixantaine de vignerons se sont portés candidats pour des essais en 2018, dans la lignée de ceux menés au Domaine de la Colombette à Béziers, afin d’étudier en grandeur réelle leur comportement. La jeune AOC picpoul de pinet pense déjà à une variété résistante et capable de s’adapter à de nouvelles conditions de taille et de mécanisation. Des pistes sont tracées sur des variétés donnant des vins à bas degré d’alcool.  Laurent Audeguin le résume, « le grand défi est l’adaptation du matériel végétal aux changements climatiques ».

  

Revenir à des cépages anciens, emblématiques de nos terroirs, adaptés à leur lieu de production, retrouver le goût d’une vinodiversité, quand six cépages dominent aujourd’hui la production mondiale[3]? Comme si, à la recherche de repères, ils constituaient des points d’ancrage, voici replantés terret et piquepoul noir, cépages du XVIIIe s. au domaine Henry à Saint-Georges d’Orques (Hérault) ou au Clos de Centeilles (Aude), manseng noir des cotes de Saint-Mont (Gers), ou prunelard redécouvert par Robert Plageoles à Gaillac (Tarn).  Une grande enquête européenne, GrapeOnFarm, recense ces cépages rares, conservés « à la ferme » afin d’éviter leur disparition. Loin de l’uniformisation des goûts dans la mondialisation, ils lèvent le voile sur tout un pan de notre histoire viticole locale, font ressurgir des typicités, des traditions perdues, « un goût d’autrefois », y compris d’hybrides interdits depuis l’entre-deux-guerres, comme l’isabelle ou le clinton. Autochtones, plantés sur leurs terroirs de prédilection, aux sols souvent pauvres, peu soumis à de hauts rendements, ces cépages auxquels on a laissé le temps de construire un système racinaire donnent le meilleur d’eux-mêmes. Un goût d’ici en quelque sorte, plutôt qu’implanter des cépages standardisés, gourmands en eau et en irrigation. « Les cépages traditionnels résistent bien au stress hydrique »  assure Christophe Miron, président des muscats de l’Hérault, le cépage porteur de l’histoire du Bas-Languedoc. Pour preuve encore, la clairette, le plus ancien cépage planté en Narbonnaise, a subi, en 2017 une perte de production évaluée entre 5 et 10 % dans la moyenne vallée de l’Hérault, contre 30 % au moins sur les cépages mondialisés. La tendance incline au retour en force des cépages anciens, même s’ils se cantonnent à des productions annexes et des marchés à niche. Des associations, À la rencontre des cépages modestes, Wine mosaic pour le pourtour méditerranéen, des salons (en novembre à Chabeuil), des ouvrages, comme celui d’André Deyrieux[4] rencontrent succès et large intérêt du public. Et si l’avenir leur appartenait aussi, quand on sait que la France compte environ 600 cépages ?
Vision futuriste d’une recherche qui séquence aujourd'hui les gènes de la vigne, et vision tournée vers le passé, adepte de cépages oubliés, s’accordent sur un constat: la simplification  de l’encépagement, depuis 55 ans, conduit à un appauvrissement. De la diversité génétique naît la personnalité des cépages, la typicité des vins, la richesse des goûts. La protection d’un patrimoine végétal et historique s’est nourrie des conservatoires gérés par la recherche, au Vinopôle de Gaillac (Tarn), à l’Espiguette (Gard) et au domaine de Vassal (Hérault) le Louvre des cépages, avec ses 2 700 variétés venues de 54 pays, lui-même menacé par la montée des eaux. Les vignerons qui souhaitaient replanter de vieux cépages y ont rencontré les chercheurs. Ceux-ci se sont intéressés de près à un patrimoine génétique qui offre des perspectives pour créer de nouvelles variétés résistantes[5]. Le conservatoire de Pouydraguin, la vigne de Sarragachies classée aux Monuments historiques (Gers) font l’objet de recherches sur la résistance au réchauffement climatique et aux maladies d’un cépage de faible degré, le manseng noir, ou sur les qualités du  tardif, cépage « très intéressant » pour Laurent Audeguin, qui pourrait devenir le cépage phare des vins de Saint-Mont dans 30 ans.
Le Gers et le Tarn ont sauvé des vignes pré-phylloxériques. Le Languedoc a modifié plusieurs fois son encépagement au cours des siècles, du XVIIIe s. jusqu’à la sortie des crises du XXe, lorsqu’il a crée IGP et AOP. Partent-il mieux armé que d’autres pour répondre à cette nouvelle donne environnementale variétale? Les modifications de l’encépagement procèdent de réflexions plus larges sur les lieux de production. Conserverons-nous ces terroirs auxquels nous sommes si attachés, avec leurs typicités forgés au fil des siècles, inscrites dans les décrets de nos appellations ? Quels cépages seront plantés dans cent ans dans nos régions ? Même ceux qui y travaillent ne peuvent le dire. Des scenarii établis par l’INRA imaginent des cépages méditerranéens en Bretagne en 2040, ou, plus tard, des vignobles nomades se déplaçant au gré des climats, voire des vignobles sur  roulettes !
A la croisée des chemins, l’avenir de la viticulture française se joue-t-il pour une part sur une recherche de pointe, à l’affût de toutes les stratégies d’adaptation des vignobles, s’appuyant autant sur l’agro-écologie que sur des innovations variétales ? Se joue-t-il pour une autre part sur la réhabilitation de son héritage, un patrimoine viticole bimillénaire qui a modelé nos campagnes, une dimension oubliée, celle du vin boisson d’un lieu comme le rappelle André Deyrieux ? Une histoire à raconter que les consommateurs écoutent avec de plus en plus d’attention et de vigilance sur ce que contient leur verre, en un aller-retour incessant entre un passé lumineux et un présent toujours plus avide de réponses.

Florence Monferran

Indissociables des festivités qui animent la cité de Pierre-Paul Riquet à partir du vendredi 11 août jusqu’au 15 août, les corridas sont au cœur de la feria de Béziers et lui donnent une signification particulière.

Sébastien Castella, l’enfant de Béziers, est toujours
très attendu par son public

Béziers est une ville de tradition taurine depuis la fin du XIXe siècle, avec le premier spectacle tauromachique donné dans les arènes de Béziers en 1897.

C’est aux environs de 20 heures, lorsque la corrida se termine, et que la foule commence à remonter vers l’avenue Saint-Saëns, que commence l’autre dimension de la fête ou des dizaines de milliers de personnes se retrouvent dans les rues, pour assister à toutes sortes de spectacles dans différents points de la ville.

Pourtant, c’est vers la fin de l’après-midi, lorsque les spectateurs se rendent vers les arènes, que commence ce moment très particulier, celui qui réunit des personnes de tous âges, de toutes sensibilités, de toutes conditions, pour vivre ce moment unique que représente la fête du taureau, ce que les Espagnols appellent « la fiesta brava ».

La société du plateau de Valras, gestionnaire des arènes de Béziers, dirigée par Robert Margé propose cette année quatre corridas, une novillada piquée et deux novilladas sans picadors. Les corridas ont lieu à 18 heures précises et il s’agit sans doute de la seule activité qui se déroule à Béziers qui commence effectivement à l’heure !

Le matin, le public qui souhaite s’initier, à moindre coût, aux bases de la tauromachie, pourra assister à 11 heures au novilladas sans picadors qui voient des élèves des écoles taurines, des apprentis toreros, affronter des taureaux de deux ans que l’on appelle en espagnol des becerros. Le 15 août, toujours à 11 heures du matin, ce sont des taureaux de moins de quatre ans, les novillos, qui sont combattus.

Pour affronter des taureaux de quatre ans et plus, il faut être « officiellement » matador de toros, c’est-à-dire avoir pris l’alternative, une cérémonie qui marque de façon irréversible ceux qui ont pu aller au bout de ce rêve.

Les spectacles proposés par l’équipe de Robert Margé devraient satisfaire les amateurs de toutes les facettes de la tauromachie de tradition espagnole.

La corrida d’ouverture associe un combattant à pied, l’enfant de Béziers, Sébastien Castella est une torera à cheval, la nîmoise Léa Vicens. L’organisateur d’une corrida doit associer, dans une savante alchimie les deux principaux acteurs de ce spectacle très particulier. La corrida mixte verra entrer en piste les taureaux de Fermin Bohorquez pour la cavalière, tandis que Sébastien Castella affrontera quatre exemplaires de l’élevage de Nunez del Cuvillo. Car ce sont bien les taureaux qui déterminent le spectacle. De leur comportement, de leur bravoure et de leur noblesse, dépendent largement les sensations esthétiques que le public pourra ressentir. Pour la tauromachie à cheval, l’élevage de Bohorquez a très largement fait ses preuves, et la cavalière devrait pouvoir montrer la qualité du dressage de ses montures qui sont de véritables chevaux toreros, entraînés pendant des années, à surmonter la crainte que les taureaux leur inspirent tout naturellement.

L’élevage de Nunez del Cuvillo est une référence pour ceux que l’on appelle « les toreros artistes », et Sébastien Castella s’est largement imposé dans ce domaine. Particulièrement nobles, c’est-à-dire suivant la muleta que le torero leur présente, les taureaux de cet élevage ont permis cette année de très nombreux triomphes. (133 toros - 111 oreilles - 5 queues - 1 toro grâcié).

La seconde corrida, celle du 13 août, verra la présentation à Béziers de la ganaderia (l’élevage), de Garcia Jimenez. L’origine de cet élevage, celui de Juan Pedro Domecq, devrait permettre aux trois matadors qui leur seront opposés de s’exprimer. Le public biterrois aura l’immense bonheur de retrouver celui que l’on appelle dans le milieu, le maestro des maestros, Enrique Ponce qui se situe, depuis son alternative en 1990, toujours au sommet de son art. Enrique Ponce que l’on appelle parfois « le professeur », a une conscience aiguë de sa responsabilité devant le public. Il cherchera, quels que soient les difficultés, la faiblesse d’un taureau, le vent, à tirer le meilleur de son adversaire. La précision de ses gestes, la connaissance qu’il a de son placement dans l’arène et de la conduite qu’il impose à son adversaire lui permettent de s’imposer depuis plus d’un quart de siècle dans toutes les arènes.

Le public biterrois pourra retrouver l’un de ses toreros favoris, Enrique Ponce

Ses compagnons de cartel ne sont pas les premiers venus. Certes plus jeunes, ils auront à cœur de donner le meilleur d’eux-mêmes en compagnie de Enrique Ponce. Il s’agit de Alejandro Talavante et du jeune Péruvien Andres Roca Rey. C’est un cartel exceptionnel que Robert Margé propose ce 13 août, et chacun dans leurs styles différents cherchera à donner le meilleur.

Le torero péruvien, Andres Roca Rey propose au public un répertoire de passe de cape extrêmement varié

Les corridas du 14 et du 15 août, qui seront présentés plus longuement dans un prochain article sont d’un style très particulier. Les élevages précédents sont réputés pour permettre habituellement aux toreros de s’exprimer, même s’ils demeurent des animaux sauvages et des combattants.

À partir du 14 août, avec les ganaderia de Victorino Martin et Miura, le public change véritablement de catégorie et le spectacle peut être complètement différent. Les spécimens de ces deux élevages demandent des toreros particulièrement rigoureux. Sans doute plus avertis, ils ont tendance à peser sur le torero qui doit littéralement s’imposer à eux pour les combattre. Face à ces spécimens, ce sont des toreros guerriers comme Manuel Escrivano, David Mora et l’arlésien Mehdi Savelli, face aux Victorinos, qui seront présents en piste.

La corrida de clôture verra un mano à mano, réunissant face aux mythiques taureaux de Miura, Rafaellilo triomphateur de l’édition 2016 de la feria de Béziers, et l’arlésien capable d’un engagement très entier, Juan Bautista que le public biterrois apprécie tout particulièrement.

Avec les quatre corridas de toros, le public pourra donc assister à plusieurs styles de tauromachie, en espérant y voir cette harmonie unique et ressentir ces sensations esthétiques qui font de la tauromachie de tradition espagnole un spectacle à nul autre pareil.

Après 20 heures, c’est une autre fête qui commence, et dans la convivialité, la joie et la bonne humeur, ceux qui auront pu assister aux corridas pourront en parler encore. Mais au-delà des corridas, c’est une ville en fête qui s’offre à ses visiteurs comme à ses habitants, et il conviendra d’en parler également.

» Cliquez ici pour voir la programmation des Arènes de Béziers

Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

Du 20 au 29 juillet, les nuits del Catet reprennent du service pour une 17ème édition qui mettra à l'honneur la figure biterroise de Jean Moulin.

Certains pouvaient en douter, mais le festival des nuits del Catet revient après une année d'incertitudes provoquées par la perte de certaines aides financières. En cause, la loi de Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) qui a obligé la communauté de communes Orb et Taurou à fusionner avec la communauté de communes des Avant-Monts du Centre Hérault et ainsi saper la plupart des subventions culturelles dont celles de l'événement. Alain Duro, maire de Thézan-les-Béziers déplore cette situation mais espère que ce renouveau permettra à terme de faire un "festival del Catet qui s'étendra de Bédarieux jusqu'à l'embouchure de l'Orb".

Comme lors des éditions précédents, l'événement culturel qui anime les rues thézanaises présentera des lectures sous les étoiles, des pièces de théâtre et des concerts de tous genres musicaux, souvent à entrée libre.

Une volonté de « refuser le renoncement »

L'enjeu de la survie des nuits del Catet va bien au-delà d'une absence de vie culturelle prolifique pour Jean Varela, directeur du théâtre de Sortie Ouest, qui chapeaute le festival : "Cet événement est un outil de développement et d'émancipation. Le faire survivre, c'est renoncer à une petite mort". D'ailleurs, les hommes mis à l'honneur cette année sont justement "des figures qui ont refusé de renoncer" comme Penthésilée, Molière ou encore Jean Moulin.

Une qualité toujours assurée

Mais les mésaventures balayées par les organisateurs du festival des nuits del Catet ne seront pas synonyme d'une moindre qualité ! Comme chaque année, les spectacles proposés sont finement ciselés et de nombreuses têtes d'affiches viendront faire vivre l'événement, à l'instar du comédien Jacques Weber qui animera une séance de lecture du livre Le Roman de monsieur Molière par Mikhaïl Boulgakov. L'un des moments forts de cette édition consacrée au célèbre résistant biterrois est une pièce de théâtre intitulée Jean Moulin Évangile, écrit par le grand dramaturge Jean-Marie Besset. 

Paul-Arnaud Boudou

Informations et réservations - 04 67 28 37 32 - sortieouest.fr

Les fouilles archéologiques préventives occasionnées par les grands chantiers de travaux entre Nîmes et Montpellier (dédoublement de l’autoroute A9 et contournement ferroviaire des deux villes) ont une fois de plus mis à jour des vestiges viticoles, parfois sur de longues durées . Vignobles, établissements ruraux, et leurs chais, terroirs surgissent de terre à Lattes, Mudaison ou Aimargues, dans cette province Narbonnaise berceau de la viticulture française.

Des parcelles du Haut-Empire (Ier et IIe siècles de notre ère) sont repérées sur cinq sites différents à Lattes, près d’axes routiers secondaires. Elle se signalent par une série de fosses organisées en rangées, qui accueillent un cep de vigne à chaque extrémité du creusement. Le provignage (marcottage)[1] destiné au renouvellement des plants est attesté par des creusements perpendiculaires. Les seules traces livrées par le petit établissement rural de Fromigue, sur près de 600 m2, ont trait à une activité viticole entre le Ier s. et le IIIe s. de notre ère. Elles reconstituent sous nos yeux un chai (présence de 10 fosses à dolia), un bassin de réception du jus de presse, un pressoir, matérialisé par deux fosses. Quelques amphores contiennent encore de l’enduit de poix, utilisé pour conserver le vin. Une tête de Silène en bronze, sur l’extrémité d’un manche de patère, objet rare et remarquable, démontre un « commerce d’objets luxueux entre la province de Narbonnaise et la Campanie » et l’adoption de modes de vin romains en lien avec une culture du vin : Silène était le père adoptif de Dionysos, dieu grec du vin, devenu Bacchus à Rome.

Plus étrange, et plus ancien, le site de Saint-Pierre, daté des Ve et IV s. avant notre ère dévoile une vigne associée à un « jardin funéraire », sans doute de personnes d’un statut social élevé. Le site viticole perdure jusqu’au IIIe s. de notre ère.


Aux Aubettes, à Mudaison, une exploitation viticole gallo-romaine entourée de ses vignes nous raconte son histoire depuis le tout début de notre ère jusqu’au Ve siècle. Les archéologues décrivent deux chais, construits l’un près de l’autre, dans un remarquable état de conservation. « Chacun contenait une batterie de dolia (matérialisées par des fosses d’installation au sol). De puissants massifs de mécanique de pressoirs sont implantés à proximité, ainsi que des cuves qui servaient à recueillir les jus pressés. » On imagine une cour autour de laquelle prenaient place les chais et les pressoirs, l’ensemble devant couvrir une superficie d’environ 3 500 m². La proximité d’un habitat des vignerons, peut-être à l’étage au-dessus des chais, est  envisagée.

L’archéologie s’intéresse, à l’occasion de ces vastes chantiers, à la notion de terroir et à sa valorisation à différentes époques. Le site de Missignac, près d’Aimargues, connu depuis 1995, nourrit ces recherches. Le terroir est occupé dès l’Age de fer. Puis une villa, hors du cadre des fouilles présentes, s’installe au Ier s. de notre ère. Vignes, enclos pour le bétail et champs cultivés bordent le domaine. Son maintien, entre le Ve et le XIIIe siècle, témoigne de la transformation de la villa en village, renouvelant les connaissances sur l’habitat rural dans le Languedoc oriental.
Les vestiges recomposent le puzzle de ce vignoble, le plus grand d’un seul tenant au monde créé par les Romains. Trois lieux, trois illustrations de la richesse des sites fouillés pour l’avancée de nos connaissances sur la vigne et le vin, contemplent désormais notre vie moderne et ses ouvrages.

Voir également l'article général "Quand grands travaux riment avec archéologie" en rubrique patrimoine
Photos: INRAP


[1] Marcottage : Technique de reproduction de la vigne consistant à enterrer un sarment qui prend racine et reproduit un plant ayant les mêmes caractéristiques que le pied de vigne auquel il est rattaché (dictionnaire du vin)

Florence Monferran